Un grand maître de la musique citadine
Cheikh El Hadj Abdelkrim Dali
1914 – 1978

Cheikh El Hadj Abdelkrim Dali est une figure marquante de la musique traditionnelle, style andalou et hawzi dans notre pays.

Il s’est abreuvé de connaissances musicales chez de grands maîtres tlemcéniens au début du siècle. Maître lui-même ensuite, dans l’exécution instrumentale et vocale, il fera le déplacement à Alger qui va lui permettre de se distinguer parmi l’élite artistique nationale.

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Cheikh El Hadj Abdelkrim Dali né le 21 novembre 1914 à Tlemcen dans le vieux quartier de Hart Erma. Le premier cheikh qui le découvre et qui lui dispense un apprentissage approprié, n’est autre que le valeureux cheikh Abdeslem Bensari suivi plus tard de cheikh Omar El Bakchi en passant par cheikh Lazaar Bendali Yahia. Il n’était âgé que de 14 ans, lorsqu’il arrivait à maîtriser le r’bab, le luth, la flûte et le violon alto.

A la même époque, il apprend à interpréter correctement le chant traditionnel. Il intègre tour à tour l’orchestre de ses deux maîtres pour rejoindre ensuite l’ensemble musical de cheikha Tetma, avec laquelle, il participera à l’animation d’innombrables fêtes familiales et galas publics.

Il fait partie momentanément de l’association El Andalousia de Oujda dirigée par Cheikh Mohamed Bensmain.

C’est en 1930 qu’il réalise deux premiers enregistrements de disques78 tours qu’il fera suivre de plusieurs séries jusqu’en 1950 avec les célèbres poésies «Ana el kaoui», «Amersouli», et «El hadjam».

Son style particulier, qui tient du classique ghernati de Tlemcen et du hawzi a fait de lui une nouvelle figure au sein de l’élite artistique nationale de l’époque.

Installé à Alger en 1945, il est intégré au sein de l’ensemble de musique classique andalouse de la radio que dirigeait Mohamed Fekhardji, il participera en qualité de musicien- luthiste. Cet important contact, ajouté aux conseils prodigués par le maître Mahieddine Lekhal avec lequel il fit de grands progrès. Son nouvel apport a été la conception d’un genre nouveau qui assemble le style gharnati de Tlemcen, son école d’origine et la sanaâ d’Alger, son école d’adoption.

Cette fusion a fait de lui un maître incontesté. Cheikh Abdelkrim Dali, devant l’intensité de ses activités et de son succès populaire, va s’investir dans la formation dés l’année 1951 à l’école municipale de musique d’Hussein Dey.

Abdelkrim Dali fit son entrée au conservatoire municipal d’Alger en 1957 une année après la mort du maître Mohamed Fekhardji.

Au lendemain de l’Indépendance Nationale, il continua son action tous azimuts, il est membre de l’orchestre de la Radio Télévision dirigé par les Cheikh Abderezak Fekhardji et Mustapha Skandrani à partir de 1964, artiste interprète représentant l’école tlemcénienne en Algérie et à l’étranger, et professeur au conservatoire d’Alger, titulaire de chaire de l’enseignement vocal et instrumental.

En 1971, c’est au tour de l’Institut National de la musique de lui faire appel dans le cadre de son projet de recherche du patrimoine lyrique national. Il demeura fidèle à cette institution jusqu’à la fin de ses jours en qualité de chercheur dans un domaine qui faisait de lui un érudit.

A ce titre, il participera à l’élaboration de la célèbre œuvre anthologique de la musique andalouse «Mouachahat oua Ezdjal», tous styles confondus, en usage en Algérie, parue aux éditions SNED de l’époque.
C’est en 1969 qu’il effectue le Pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam et à son retour il enregistre un poème historique intitulé «Rihla hidjazia : Al hamdoulilah nelt qasdi ou blaght m’nay » , qu’il précède d’une chanson de fête qui ne s’effacera jamais de l’esprit des algériens, il s’agit de «Saha aidkoum » chanson qui n’a pu à ce jour être supplantée (2012).

Cheikh El Hadj Abdelkrim Dali a permis à plusieurs jeunes talents de suivre sa voie. Ce sont Abdelkader Rezkellah, Nouri Koufi, Nacreddine Chaouli, Hadj Kacem Brahim, Abdelhamid Taleb Bendiab pour ne citer que ceux là.

Il s’éteint le 21 février 1978 en son domicile à Hydra et il a été inhumé au cimetière de Sidi Yahia à Alger.

Wahiba Dali
Présidente de la Fondation
Cheikh El Hadj Abdelkrim Dali


→ A voir / Un document de 8 mn, réalisé par la Radio Algérienne, qui retrace les repères biographiques du Cheikh Abdelkrim Dali.