Icône de la culture algérienne et chantre de la chanson andalouse, Cheikh Abdelkrim Dali a la particularité de faire irruption matinale dans tous les foyers algériens le jour des fêtes sacrées de l’Aïd.
Un vibrant hommage lui a été rendu jeudi soir, au palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger lors d’une soirée purement andalouse assurée par de jeunes talents des associations El Djenadia de Boufarik et des Beaux-arts d’Alger en présence d’un nombreux public. A l’occasion d’une soirée commémorative de la chanson et de la musique classique algérienne dont les origines remontent à des siècles, avec notamment le travail colossal de plusieurs générations d’artistes, poètes et compositeurs, les artistes du début XXe siècle, à l’exemple d’Abdelkrim Dali, ont réussi à asseoir un socle d’école andalouse dont les fruits fleurissent la scène culturelle algérienne actuelle. La preuve était là jeudi soir, avec des musiciens jeunes et moins jeunes qui ont interprété avec brio les classiques de la chanson andalouse. Petite-fille d’Abdelkrim Dali et présidente de la fondation éponyme, Wahiba Dali s’est dite heureuse de l’organisation d’un tel événement en collaboration avec le palais de la culture pour assurer la continuité de ce grand nom de la musique algérienne et pour préserver sa mémoire. «Notre rencontre aujourd’hui est une reconnaissance et un devoir de mémoire envers Abdelkrim Dali qui a égayé, pendant de longues années, toutes les tranches d’âge du peuple algérien», a-t-elle noté. Wahiba Dali a indiqué par ailleurs que cette initiative artistique est aussi un devoir de mémoire pour l’altesse et l’exceptionnelle performance musicale qui a caractérisé abdelkrim Dali pendant sa riche carrière artistique. Cette continuité permet à l’actuelle et aux prochaines générations de valoriser et d’éterniser ce génie hors pair qui a marqué de son empreinte et qui reste gravé à jamais dans la mémoire collective des algériens. Cette occasion réitère également, selon l’interlocutrice, l’appel aux responsables des secteurs de l’éducation, de la culture et de l’histoire pour l’immunisation de la mémoire de cet artiste, de lui donner une tribune d’expression adéquate pour manifester son génie, loin de la marginalisation et l’ignorance. Wahiba Dali a précisé, en outre, que cet héritage culturel et historique est la fierté de notre jeunesse dans le concert de la nation avant de céder la parole à M. Bernoussi, nouveau directeur du palais de la culture, qui a rappelé qu’Abdelkrim Dali était un artiste de haute facture qui a tant donné pour la culture algérienne. «Cette initiative est contre l’oublie et l’ignorance d’un artiste et de l’ensemble des artistes de la musique classique algérienne qui a écrit en lettres d’or l’une des plus belles pages de la culture algérienne», a-t-il souligné. La soirée artistique a été somptueuse par les jeunes talents de l’association El Djenadia de Boufarik qui a magistralement interprété la Nouba Raml avec notamment Inkilab zidane El boulboul, un Betayhi Derdj lache tfeker, un Insiref Rani nehwak avant d’enchainer par un autre insiref «netferedj maak» et enfin un Insiref khelass «aalf elfaa el bekaa» et un khlass d’une notoriété incontournable «ya ness djeretni el ghereyeb» qui a enchanté le public nombreux qui a fredonné et applaudit en chœur ce patrimoine culturel largement admiré par les citadins. De son côté, l’association des Beaux-arts d’Alger a interprété un programme Hawzi avec Tchambar reml el maya, «ili snine aadid», un istikhbar reml el maya et un Hawzi «leriem djawni el barah ben sahla», avant de conclure avec un Hawzi «batal tloumouni ya nasse» du mythique poète Ibn M’sayab. La clôture de cette soirée a été couronnée par la remise de diplômes d’honneur pour ces jeunes talents qui assurent la continuité d’une musique ancestrale du patrimoine algérien.
Kader Bentounès



















