La disparition de Cheikh El Hadj Abdelkrim Dali a été une triste nouvelle qui a endeuillé, au-delà des mondes de la culture et de la musique, l’ensemble du peuple algérien. A l’occasion du 39ème anniversaire de son décès, nous reproduisons la dépêche APS du 21 février 1978…
APS – 21/02/1978
DÉCÈS DU MAÎTRE DE LA MUSIQUE CLASSIQUE,
HADJ ABDELKRIM DALI
ALGER (aps) – Le monde de la musique algérienne a appris avec une profonde émotion, le décès hier matin à l’aube du maître Hadj Abdelkrim Dali.
Musicien et chanteur apprécie et renommé s’étendait dans tout le Maghreb.
Né à Tlemcen le 21 novembre 1914. Il s’est, dès son plus jeune âge, adonné à l’apprentissage et à la pratique de la musique traditionnelle algérienne classique et populaire.
Son premier maître fut le Cheikh Lazaâr Dali-Yahia mais, c’est surtout, le regretté et célèbre Omar Bekhchi qui a assuré sa formation accomplie de chanteur et d’instrumentiste polyvalent r’bab, luth, alto, flûte…
Hadj Abdelkrim Dali s’attacha ensuite à l’acquisition du répertoire de l’« École d’Alger » auprès du maître Mahieddine Lekehal. Au décès de ce dernier, il vint se fixer à Alger. Sollicité par la Radio, il a participé avec éclat comme membre permanent, aux émissions qu’assurait l’orchestre classique de la station puis de Abderrsak Fekhardji.
Ayant pu ajouter ainsi, à sa grande notoriété d’interprète, une connaissance élargie du répertoire traditionnel. Il se vit confier au Conservatoire d’Alger, une chaire d’enseignement vocal et instrumental qu’il occupa jusqu’à sa mort avec une compétence et un dévouement exemplaires.
Faisant appel à son érudition et à son expérience, l’Institut National de Musique l’attacha ces dernières années à ses services de recherche.
Comme chanteur, comme musicien, comme professeur, comme chercheur, Hadj Abdelkrim Dali a toujours fait preuve de qualités humaines et professionnelles rares.
Suivant de peu celle de Dahmane Ben Achour, sa brutale disparition qui endeuille le monde musicale algérien en le frappant dans ses traditions les plus nobles et dans ses représentants les plus purs, laisse un vide catastrophique combien difficile à combler.
ALGER (APS)



















